traitement naturel Goût (troubles du...)

Traitement naturel pour Goût (troubles du...)

Traitement naturel Troubles du Goût - La fonction sensorielle du goût joue un rôle important dans la vie de tous les jours, parce qu'elle apporte le plaisir de toucher, de sentir, de goûter. Appelés en médecine Dysgueusie, il s'agit de l'ensemble des tro

Direction scientifique, Dr J. Burgos
Medecin - Acupuncture 

Mise à jour : 2019-10-28 16:33:55

Sommaire

Phytothérapie

Phytothérapie
Dossier selon Pascal EPPE Dentiste LSD  Spécialisé en Nutrithérapie

Introduction au traitement naturel du trouble du goût (dysgueusie)

La fonction sensorielle joue un rôle important dans la vie de tous les jours, parce qu'elle apporte le plaisir de toucher, de sentir, de goûter, de voir et d'écouter.

L'altération d'un des 5 sens perturbe d'une certaine manière la qualité de vie.

La perte du goût peut amener des problèmes comme l'inappétence avec comme conséquence la perte de poids, et des carences nutritionnelles.

Dans des cas plus sévères d'altération du goût (dysgueusie), il est possible de noter une augmentation du stress, de l'anorexie ainsi que de la dépression.

Le goût et l'odorat sont difficilement dissociable car ces deux sens sont sollicités lors de l'alimentation.

Aux Etats-Unis, on estime qu'à chaque année, environ deux cent milles personnes consultent pour des désordres liés au goût et à l'odorat.

Etiologies des troubles du goût 

Différentes étiologies peuvent conduire à la perte du goût :

  • - les désordres de contact ( le stimulus ne contacte pas la papille gustative)
  • - les troubles neurologiques ( l'information gustative est non traitée )
  • - les traitements médicamenteux (dysgueusies iatrogèniques )
  • - la radiothérapie
  • - les carences nutritionnelles en zinc (par dysfonction de la gustine: enzyme dépendante du zinc), vitamines et oligo-éléments.
  • - le tabagisme
  • - l'electrogalvanisme buccal et toxicité des métaux dentaires.

Désordres de contact et troubles neurologiques

Les modifications de la salive qu'elles soient quantitatives ou qualitatives constituent un obstacle à l'acheminement des substances au contact du bourgeon gustatif et contribuent à expliquer les troubles du goût observés au cours du syndrome de Gougerot-Sjögren ou lors d'un traitement anticholinergique

Les carences nutritionnelles et vitaminiques (vitamine B3 et B12) , les traitements comme la radiothérapie et les médicaments cytotoxiques peuvent interrompre le cycle de régénération du bourgeon gustatif tout en gardant intact l'épithélium lingual.

Mais l'épithélium lui-même peut être altéré, au cours des carences martiales, des carences vitaminiques (vitamine B12), d'infections virales ou mycotiques .

La transduction du signal au niveau des cellules gustatives peut aussi être modifiée par certains médicaments comme les inhibiteurs calciques.

Enfin l'atteinte neurogène, en touchant la voie conduisant le signal du bourgeon au cortex, peut être affectée à tout niveau, par un phénomène pathologique ou un effet indésirable médicamenteux de nature toxique ou pharmacologique.

Rappel de physiologie :

Si nous observons la surface de la langue, nous distinguons, même à l'oeil nu, de très petites saillies circulaires de formes variées : les papilles linguales.

Les récepteurs du goût sont localisés dans certaines de ces papilles (les papilles fongiformes et surtout les caliciformes). Dans l'épaisseur de l'épithélium qui recouvre la papille, s'ouvrent de nombreux pores microscopiques qui correspondent aux bourgeons du goût. C'est à l'intérieur de ces pores que se situent les cellules sensorielles qui reçoivent les stimuli au niveau des villosités.

Du côté opposé, la cellule gustative se prolonge par une fibre nerveuse.

Toutes les fibres issues des cellules sensorielles se réunissent en nerfs (le nerf lingual et le nerf glossopharyngien) qui conduisent les messages nerveux gustatifs à l'aire cérébrale du goût où ils sont enregistrés et reconnus.

Le sens du goût proprement dit ne peut distinguer que quatre - saveurs-  fondamentales : le sucré, le salé, l'amer et l'acide. Les autres saveurs ne sont que des - mélanges- .

Le mécanisme du goût est lié aux échanges de sodium et potassium dans les papilles gustatives. Les mécanismes pathogéniques potentiellement associés aux désordres du goût sont premièrement une atrophie locale des papilles gustatives, une rupture ou une blessure de cause physique ou chimique, deuxièmement un dommage causé aux projections des neurones, troisièmement un déséquilibre du cycle de régénération cellulaire et quatrièmement une modification des récepteurs due à un changement local comme par exemple la salivation.

La salive est l'agent solubilisant des saveurs leur permettant de faire un meilleur contact avec les papilles gustatives. La diminution du flot salivaire (xérostomie) est un problème fréquemment rencontré lors de la prise de médicaments à action anticholinergique ou adrénolytique et est donc associée à la diminution du goût. 

De plus, non seulement les patients présentent un problème de salivation, un problème de dysgueusie, mais aussi un problème de mastication et d'alimentation, il est reconnu dans de nombreuses publications scientifiques que ces facteurs sont étroitement liés. La xérostomie est également un grand facteur de polycaries chez les personnes âgées.

Dysgueusie iatrogénique

La littérature scientifique rapporte une grande liste de médicaments susceptibles de provoquer des perturbations du goût. L'impact d'une telle symptomatologie peut être très variable selon l'intensité, la sévérité et la durée du traitement médicamenteux.

Au long terme, une dysgueusie médicamenteuse affecte grandement la qualité de vie du patient. Nombre de médicaments peuvent affecter le goût si l'on considère la dysgueusie comme une conséquence possible de la xérostomie induite par les médicaments.

Toutefois, certaines classes de médicaments peuvent provoquer une altération des perceptions gustatives sans que la xérostomie soit en cause.

 

Principaux médicaments capables d'induire des troubles gustatifs.

Cardio-vasculaires (IECA, BCC, Antiarythmiques, Diurétiques, Hypoglycémiants, Béta-Bloquants), Anti-infectieux (Céphalosporines, Macrolides, Métronidazole, Pénicillines,  Quinolones, Sulfamidés, Tétracyclines.), Anti-fongiques, Anti-viraux (didanosine, zidovudine...

AINS : ibuprofène, indométhacine, diclofénac...), Hypoglycémiants (Biguanides, tolbutamide, glipizide, insuline...), Antihistaminiques et décongestionnants, Psychotropes (Anxiolytiques, hypnotiques,Antidépresseurs, Antipsychotiques, Lithium), Relaxants musculaires, Anti-Parkinsoniens, Anti-convulsivants, Immunosuppresseurs,

Antiémétiques, Anti-H2, Antispasmodiques


Mécanismes physiopathologiques :

La différenciation, la croissance, l'intégrité architecturale et fonctionnelle des papilles gustatives et de leurs récepteurs, dépendent des protéines salivaires  (notamment la gustine - zinc dépendante). Les médicaments qui altèrent la synthèse, l'architecture ou l'activité de ces protéines peut donc altérer le goût.

Divers mécanismes physiopathologiques sont à l'origine des distorsions gustatives induites par les médicaments. En altérant l'homéostasie corporelle, les médicaments entraînent une cascade d'évènements tant d'ordre biochimique que d'ordre chémosensoriel.

Ces changements biologiques peuvent donc modifier les perceptions sensorielles puisqu'il y a rupture de l'équilibre requis pour le fonctionnement optimal des papilles gustatives.

Les hypothèses avancées sont multiples et complexes.

La plus fréquente est une déficience en zinc par chélation via les médicaments, ensuite il peut y avoir une altération du métabolisme du zinc ( au niveau moléculaire ) mais aussi par une altération du zinc (au niveau enzymatique) comme cofacteur essentiel de la gustine (la protéine des papilles gustatives qui maintient l'homéostasie et l'intégrité des récepteurs gustatifs ) .

Il peut y avoir aussi une excrétion du médicament par la salive, une inhibition de la régénération des cellules gustatives, une interférence avec le second messager, interférence avec le cytochrome P450, une modification des flux ioniques des canaux calciques ou sodiques, inhibition de l'AMPc, lésion de la double membrane lipidique, etc...

Les données de la littérature scientifique montre que l'ampleur des cas rapportés devrait nous faire porter une attention plus particulière sur ce type d'effet indésirable de manière à pouvoir mieux le gérer et aider les patients en détresse gustative.

Une étude Japonaise récente évalue à 11% la proportion de personnes âgées atteintes de troubles du goût liés à la prise de médicaments.

Types d'effets possibles avec une incidence variant de 1 % à 20 % =
  • Chélation du zinc,
  • inhibition de la gustine,
  • blocage du canal calcique des récepteurs gustatifs,
  • inhibition des récepteurs ioniques,
  • déplétion en zinc,
  • inhibition de la vitamine A,
  • altération des catécholamines,
  • glossite,
  • inhibition du CYP - 450 réductase,
  • inhibition de la transmission neuronale des récepteurs,
  • xérostomie,
  • inhibition du canal sodique,
  • stomatite

L'irradiation

Utilisée dans les cancers des voies aérodigestives supérieures, l'irradiation est à l'origine d'hyposialie par lésion directe des glandes salivaires sans épargner les cellules gustatives. La salive devient rare et très visqueuse entraînant à la fois une perte du pouvoir lubrifiant et du pouvoir solvant des substances sapides.

Les troubles du goût apparaissent après trois semaines de traitement environ, à partir de 20 Gy ; entre 20 et 40 Gy, la dysgueusie augmente rapidement, pour atteindre 90 % de perte relative du goût au-delà de 60 Gy .

Une irradiation prolongée peut entraîner une perte de goût permanente par fibrose des glandes salivaires.

En cas d'irradiation, un traitement à base d'anti-oxydants sera recommandé pour neutraliser les radicaux libres induits par la radiothérapie.

Afin de pallier la sécheresse buccale accompagnant ces thérapeutiques, les sialagogues ou les substituts salivaires peuvent être prescrits

Diminution du renouvellement cellulaire  

Les carences en zinc, B3, B12, cuivre, fer... et vitamines A peuvent être responsables d'hypogueusies car elles interviennent dans le développement normal des cellules gustatives.

Le zinc est un oligo-élément clé dans le traitement des dysgueusies.

De  nombreuses études démontrent le lien étroit entre un taux suffisant de zinc et son rôle dans le goût.

Le Dr Hentkin, directeur de -  The taste and smell clinic -   à Washington est considéré comme un spécialiste du goût aux USA. Il  a étudié le rôle de l'anhydrase carbonique VI ( la gustine ), une enzyme dépendante du Zinc et sécrétée par les glandes salivaires.

Cette enzyme joue un rôle clé dans la fonction gustative et son activité est étroitement liée à la présence en suffisance de zinc. Il estime que la déficience en zinc n'est pas toujours liée à un manque d'apport mais aussi à une mauvaise assimilation de celui-ci.

Différentes études du  Dr Hentkin montrent l'efficacité du zinc dans son action de stimulation de l'enzyme anhydrase carbonique VI et dans la capacité à regénérer  le bourgeon du goût (récupération de la morphologie ) cette récupération du goût et de l'odorat est associée à une élévation du taux de zinc dans la salive, les urines et le plasma.

Son dosage s'avère difficile. En effet, la mise en évidence d'une déficience en zinc n'est pas facile car un taux normale de zinc dans le plasma n'est pas synonyme de carence. Le taux plasmatique détecte uniquement les carences sévères et non les sub-carences.

Les chercheurs américains recommandent de doser le taux de zinc dans les lymphocytes afin d'avoir un test plus sensible. Mais ces dosages ne sont réalisables que dans quelques laboratoires aux USA et sont souvent coûteux.

Carence en vitamine A.

Elle semble plus impliquée dans les troubles olfactifs ; cependant, la pravastatine a été mise en cause dans des cas de dysgueusie par diminution du taux de vitamine A. L'apparition du trouble se révèle entre 2 et 6 semaines de traitement à une dose comprise entre 10 et 20 mg/j, et disparaît en 1 à 4 semaines après l'arrêt.

Certains médicaments altèrent la synthèse des protéines, ce qui entraîne la diminution du renouvellement cellulaire ; comme ce renouvellement est rapide, un trouble du goût peut être constaté

SOD et troubles olfactifs

Une étude japonaise effectuée par une équipe d'ORL, a mis en évidence la relation entre déficience de la l'activité de la SOD dans le sérum et la salive chez les patients présentant des troubles d'odorat provoqués par une sinusite chronique ou une grippe banale.

Carence en cuivre

Le rôle du cuivre n'est pas bien défini dans les troubles du goût. Néanmoins, les agueusies sont courantes avec certaines spécialités pouvant induire une carence en cuivre.

La D-pénicillamine, utilisée au long cours chez les patients atteints d'une polyarthrite rhumatoïde, est responsable d'une sensation de goût métallique transitoire mais récidivant à chaque administration.

Ce trouble touche en moyenne 25 à 50 % des patients, avec des posologies supérieures à 900 mg/j.

Certaines agueusies totales, réversibles en deux ou trois mois sont même possibles

Les sels d'or et les antithyroïdiens de synthèse sont aussi impliqués dans les carences en cuivre.

Troubles du goût et tabagisme  

Plusieurs études ont montré une perturbation du goût dans le cadre du tabagisme.

La consommation de tabac semble diminuer la reconnaissance de la saveur acide, bien plus que les autres saveurs, et la saveur amère à un degré moindre.

Cette perturbation chez les tabagique, peut être due à plusieurs facteurs.

La carence en vitamine B12 est observée chez le fumeur, pouvant être à l'origine de troubles du goût, puisque cette vitamine est impliquée dans la régénération du bourgeon gustatif et de l'épithélium lingual.

On sait aussi qu'il existe chez les fumeurs une toxicité des métaux lourds comme le chlorure de cadmium qui a un impact néfaste sur les mitochondries et les endothéliums, et rentre en compétition avec le zinc.

Cela a été plus particulièrement étudié chez la femme enceinte fumeuse. En effet, la compétitivité zinc-cadmium au niveau placentaire crée un déficit en zinc (cofacteur de nombreuses enzymes) délétère au niveau du placenta. Donc si cette compétition existe entre le cadmium et le zinc au niveau placentaire, elle pourrait aussi entraîner un déficit en zinc chez le fumeur, à l'origine de troubles du goût.

D'autre part, on sait que le tabagisme par l'intermédiaire de la nicotine entraîne un sous-poids chez le fumeur. Ceci est du à une perte de sa masse grasse en début de tabagisme attribuée à l'augmentation des dépenses énergétiques liée à la consommation de tabac.

Il est possible également que les troubles du goût soient à l'origine d'une diminution des apports caloriques chez le fumeur. En effet, Il a été montré que les troubles du goût sont associés à une diminution de l'apport calorique, à une augmentation du risque nutritionnel, et à une réduction de la consommation en fruits et en légumes comme chez le tabagique.

Les troubles du goût entraînent ainsi des carences en calcium et vitaminique A et C. La carence en vitamine C est aussi constatée chez le fumeur.

Par ailleurs, l'augmentation de la chaleur labiale et linguale induite par la cigarette pourrait altérer localement l'épithélium lingual et affecter ainsi le goût du fumeur.

Goût métallique et métaux dentaires 

La présence d'un goût métallique est souvent le premier symptôme d'une intoxication aux métaux dentaires.

La présence de plusieurs métaux de composition différente provoque souvent des phénomènes d'électrogalvanisme avec diffusion d'ions métalliques dans la salive.

Traitement naturel du trouble du goût. 

Un stratégie s'avèrera efficace en alliant les produits naturels nécessaires à un apport massif en minéraux et vitamines dont les vitamines B et le renforcement des défenses immunitaires complétés des remèdes naturels anti-oxydant et utiles le cas échéant à une détoxication des métaux lourds ou à l'arrêt du tabac.

Conclusion

De nombreux témoignages concernant les troubles iatrogènes du goût peuvent être recueillis dans la littérature.

Ces données, bien que fréquemment incomplètes, fondées sur des protocoles expérimentaux peu rigoureux ou concernant un nombre réduit de patients, apportent la preuve que cet effet indésirable est très fréquent, et qu'il intéresse de nombreuses thérapeutiques.

Il peut même sûrement être considéré dans certaines conditions comme une séquelle de traitement médicamenteux. En effet, si, dans la plupart des cas, le trouble du goût est dose-dépendant et qu'il disparaît à l'arrêt du traitement plus ou moins rapidement, dans certains cas, il peut persister et nécessiter la mise en œuvre d'un traitement correcteur spécifique.

Il est important de réaliser qu'un trouble du goût, particulièrement s'il est durable, peut avoir une répercussion sur la qualité de vie des patients qui en souffrent. Cela peut conduire à l'inobservance, mais surtout à des carences nutritionnelles par anorexie, des exacerbations de diabète, d'hypertension, ou même contribuer à des dépressions.

Les principaux mécanismes mis en cause sont des processus qui agissent soit sur l'environnement des cellules gustatives (salive), soit directement ou indirectement sur le développement et la multiplication desdits récepteurs (carence en oligo-éléments et vitamines, inhibition de la synthèse d'ADN, chélateurs du zinc...), ou qui empêchent une transmission de l'influx nerveux dans de bonnes conditions (inhibition du système On-Off, inhibition du cytochrome P450, inhibition des canaux ioniques, action sur les seconds messagers).

Ces éléments de biologie moléculaire permettent de mieux comprendre comment les médicaments peuvent altérer le goût, et comment il est possible de contrôler ces troubles

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