traitement naturel Hypersensibilité Chimique

Traitement naturel pour Hypersensibilité Chimique

L'hypersensibilité multiple aux substances chimiques est un ensemble de symptômes bénins et non spécifiques survenant à cause d'une inhalation, à très petite dose, de substances ou de produits chimiques présents dans l'environnement

Direction scientifique, Dr J. Burgos
Medecin - Acupuncture 

Mise à jour : 2019-03-28 14:35:16

Sommaire

Phytothérapie

Phytothérapie
Dossier selon Dr UME 

Introduction au traitement naturel de l'hypersensibilité chimique

Nom actuel :IDIOPATHIC ENVIRONMENTAL INTOLERANCE (IEI)

Phénomène décrit pour la première fois en 1950 par l'allergologue américain, Thern G. Randolph dans le milieu du travail.

Longtemps considérée comme une affection psychiatrique, cette maladie est maintenant incluse par l'OMS dans la Classification Internationale des Maladies (ICD-10) sous le code T 78.4 « autre allergie, non précisée »

Le syndrome d'hypersensibilité chimique (MCS) se caractérise par un ensemble de symptômes aspécifiques, très invalidants, souvent confondus avec une réaction allergique ou psychosomatique, tels fatigue, épuisement professionnel, céphalées, étourdissements, vertiges, problèmes de concentration et de mémoire, dépression, irritabilité, asthme, troubles digestifs,...

Dans la MCS, on retrouve un ensemble de dysfonctions biochimiques impliquant le système nerveux, le système immunitaire, les glandes endocrines et l'intestin, ensemble commun à d'autres syndromes émergents de notre époque.(Merck 1999 - Hooper 2000, 2003 - Donnay 1997) : syndrome fatigue chronique, fibromyalgie, affections neurodégénératives, autisme, sick building syndrom, food intolerance syndrom,...

Un nouvel intérêt pour son étude se manifeste dans les années 1990 après la guerre du golfe, quand 100.000 soldats américains essentiellement se plaignirent de maladies aspécifiques (GWS) qui pouvaient se rapprocher de la symptomatologie précédemment décrite.

De multiples agences gouvernementales, des organisations médicales et des chercheurs ont alors souligné la nécessité importante de recherches épidémiologiques et étiologiques. (Ashford and Miller 1998) 

Ils nous disent « Les gens ont droit de vouloir s'éviter des expositions non nécessaires. Il vaut mieux errer par prudence (principe de précaution), car l'on crée plus de panique si on n'avertit pas des risques à l'avance ». Ce n'est peut-être pas scientifique, mais il faut écouter et entendre les premiers signes de danger. L'absence de preuves est trop souvent posée comme une absence d'évidence.

L'Allemagne, suivie par les Etats Unis et le Canada, a été le premier pays à reconnaître cette maladie.

Pourquoi tant de réticence à cette reconnaissance ? Une des explications possibles, le coût. En effet, il y a plus ou moins 100.000 substances relarguées dans notre environnement, avec environ 1.000 nouvelles par an. La toxicité d'environ 2000 de ces substances, produites à plus de 1 milliard de tonnes par an, devrait obligatoirement être étudiée.

Or, pour ¾ des substances, nous sommes dans la plus parfaite ignorance toxicologique. L'évaluation toxicologique classique (extrapolation de l'animal à l'homme) d'un produit chimique nécessite en moyenne 5 ans d'études et coûte de 1 à 2 millions d'Euros. Reste à faire un simple calcul économique !

Pourtant le droit à la santé environnementale suivant la définition de l'OMS « tous les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par des facteurs environnementaux, physiques, chimiques, biologiques, psychiques et sociaux », est inaliénable.

Une étude de l'Union Européenne a montré que, chaque jour, chacun d'entre nous est confronté à au moins 300 produits chimiques potentiellement toxiques. Quel serait l'énorme bénéfice de la prévention !

Critères cliniques de diagnostic de l'hypersensibilité chimique

En 1999, un groupe d'experts américains a défini 6 critères cliniques pouvant s'appliquer au diagnostic de  l'hypersensibilité chimique. (Arch. Environ. Health 1999;54:147)

1. maladie chronique

2. symptômes reproductibles

3. réponse à des expositions de faibles doses

4. réaction à de multiples produits chimiques

5. symptômes s'étendant à plusieurs organes ou systèmes

6. symptômes s'atténuant ou disparaissant quand cesse l'exposition

Le diagnostic différentiel doit être établi avec:

• l'allergie.

La MCS est une perte de tolérance induite par une intoxication chimique affectant d'abord le système nerveux central ; le corps ne résiste plus, ne se désintoxique plus normalement.

Au début, les sensibilités sont souvent masquées par l'adaptation de l'organisme aux polluants (Dr Miller allergologue, immunologue).

La maladie se déclare souvent après une surexposition à un produit, au travail ou à la maison et peut évoluer vers d'autres affections émergentes: asthme, atopie, affections auto-immunes, cancer,...

• les maladies toxiques classiques.

1. Les polluants à faibles doses affectent les réseaux de communication et de régulation du corps (nerveux, endocrinien, immunitaire) et se traduisent au début et sur le long terme par des troubles purement fonctionnels.

2. Etiologie multifactorielle, donc pas de marqueur biologique identifiable

3. Le type et l'intensité de la réponse est variable et non dépendante de la dose

4. La maladie se développe par étapes: intoxication aiguë à un produit puis réaction différée chronique à d'autres produits, dont les aliments.

Prévalence de l'hypersensibilité chimique

Différentes études épidémiologiques estiment que 12 à 15 % de la population des pays industrialisés est hypersensible aux produits chimiques, à des degrés divers (Journal « Environmental Health Perspective » du Ministère de la Santé américain) 

Selon la même revue, MCS est parfois si aiguë qu'elle a entraîné la perte d'emploi chez 1,8 % de la population, soit pour 5,2 millions d'américains. Elle exige un changement de vie, rarement accepté par l'entourage, l'employeur, la société.

Ce qu'on fait, tout à fait judicieusement, pour les toxicomanes (écoute, aide, sevrage, soins), on l'admet difficilement aux hypersensibles à qui l'on reproche de tenter de trouver et d'éviter produits chimiques ou aliments qui les gênent, ce qui leur permettrait de vivre une vie quasi normale.

Bien plus, souvent on les reclasse comme cas psychiatriques avec toutes les conséquences individuelles et socioprofessionnelles que ce « diagnostic » implique.

Pour certains « scientifiques » MCS est « une étiquette donnée à des personnes qui ne se sentent pas bien pour une variété de raisons et qui partagent la conviction commune que les sensibilités chimiques soient en cause. Ce syndrome existe parce que le patient croit à son existence et un médecin lui a donné son accord » 

Les médecins « chercheurs d'autres pistes » sont tout simplement et péjorativement, étiquetés eux aussi, écologistes cliniciens. Dans ce cadre pourtant, ils essayent de trouver:

1. Les causes 

• Pesticides

La France, avec ses 35.000 tonnes / an est le premier consommateur européen. En Wallonie, malgré la diminution des applications de pesticides, on ne constate pas d'amélioration de la qualité des eaux souterraines.

Il faut aussi noter que les tests d'agréation des pesticides concernent principalement l'étude des fortes doses (doses létales), que l'effet d'expositions chroniques ou l'effet combiné de plusieurs produits n'est pas pris en compte. 

• Composés organiques volatils (COV)

Que l'on retrouve partout dans notre environnement quotidien, notamment dans notre habitation.

Ce sont des composants des parquets vitrifiés, des meubles agglomérés, des détergents, des parfums, peintures, retardateurs de flamme bromés, colles,...

Exemples : Formaldéhyde, puissant allergène, Toluène, Xylène, neurotoxiques, Benzène qui remplace le plomb dans essence, cancérigène, les Etherglycol, perturbateurs endocriniens.

Les études toxicologiques classiques donnent des normes de toxicité pour ces produits. Ces normes sont variables d'un pays à l'autre, ne tiennent pas compte des sensibilités individuelles, des synergies de composés.

Exemple: formaldéhyde OMS fixe la limite à 100 mg / m3  pendant 30 minutes, les sensibles peuvent déclencher des crises d'asthme à 10 mg / m3. Les agglomorés, isolants,..dégagent nettement plus que 100 mg.

Il faut aussi tenir compte de l'action des mélanges de substances.

Mohammed Abou-Damia, professeur de neurobiologie et neurotoxicologue, Duke University aux USA a démontré que la combinaison de trois organophosphorés, individuellement « safe » aux minimes doses employées, devient extrêmement dommageable, et même létale sur l'organisme.

• Alimentation :

Pesticides, métaux lourds

2. Les mécanismes physiopathologiques

• l'allergie

La définition même du terme allergie pose déjà un débat considérable. Il y a 4 types de réaction d'hypersensibilité.

Si l'allergie de type I à IgE peut s'ajouter, elle est rarement la cause du syndrome. Par contre, l'hypersensibilté de type IV, à réactivité plus lente (24 à 72 heures) implique des cellules immunitaires sensibilisées, surtout les lymphocytes T de plusieurs types (Th0, Th1,Th2,Th3) qui libèrent des messagers chimiques, les cytokines, activant d'autres cellules immunes.

L'équilibre de la réaction en chaîne peut être rompu et entraîner des dommages cellulaires directs.

• l'effet toxicologique des faibles doses

Dans une vue globale, systémique de l'organisme en interaction avec son environnement, les faibles doses agissent en perturbant les systèmes de régulation, nerveux, hormonal et immunitaire, entraînant la perte d'homéostasie du milieu intérieur et  des facultés d'adaptation à l'environnement extérieur.

• la neurotoxicité

Les pesticides, liposolubles et franchissant la barrière hématoencéphalique, sont neurotoxiques en interférant avec les neuromédiateurs notamment l'acétylcholine. D'autres substances, notamment alimentaires, par des métabolites intermédiaires (opioïdes du gluten, de la caséine,... peuvent aussi intervenir dans le fonctionnement du système nerveux.

Des cytokines proinflammatoires, produites par le système immunitaire et les cellules nerveuses elles-mêmes, jouent un rôle non négligeable. On a pu démontrer les connexions étroites entre les zones du cerveau traitant les informations olfactives (rhinencéphale) et celles dédiées aux émotions (système limbique)

• le métabolisme de détoxication de l'organisme

Les enzymes intervenant dans le métabolisme des xénobiotiques comprennent le cytochrome P450 (CYP), la glutathion-S-Transférase (GST) et la N-acétylcystéine (NAT). Ces enzymes, produites par le foie, sont impliquées dans la détoxification d'une multitude de substances environnementales, alimentaires ou médicamenteuses.

L'activité de ces enzymes est variable d'un individu à l'autre. Des déficiences ou activités exagérées sont le résultat de déficiences au niveau de leur expression liées à des polymorphismes génétiques avec absence d'expression, expression partielle ou surexpression.

Ces perturbations provoquent une métabolisation inadéquate des xénobiotiques et des effets non désirés vis-à-vis de ces agents. Cette capacité de détoxication altérée peut jouer un rôle énorme dans l'étiologie et l'exacerbation de nombreuses maladies chroniques, et notamment la MCS

• dépression et anxiété

Les progrès récents en neurosciences et l'identification de mécanismes communs aux systèmes nerveux et immunitaire, ont mis en évidence des voies biologiques communes impliquées dans divers types de stress, psychologique, traumatique, toxique ou infectieux, dont les effets peuvent se conjuguer et se renforcer. 

S'il est important de ne pas méconnaître la dépression lorsqu'elle se traduit par des plaintes qui font surtout penser à un problème somatique , il l'est tout autant de ne pas étiqueter dépression et « dans la tête » toutes les expressions d'un déséquilibre organique, notamment toxique, sous-jacent.

3. L'évolution  

La maladie se développe toujours en deux étapes, une intoxication aiguë à un produit puis une réaction différée dans le temps à d'autres produits dont des aliments.

Cliniquement, on peut retrouver différents stades:

- stade 0, exposition tolérée sans manifestations

- stade 1, exposition donne des plaintes multiples (céphalées, nausées, prurit, rougeurs,...)

- stade 2, inflammation d'un ou plusieurs organes. L'exposition continue à de faibles doses propage et prolonge cet état inflammatoire

- stade 4, fibrose et lésions des tissus, progressivement irréversibles. Tous les tissus ou organes peuvent être concernés.

4. Les moyens d'objectivation 

Parmi les objections des opposants à la reconnaissance de la MCS comme une maladie à part entière, non psychiatrique, on trouve systématiquement qu'il n'y a pas de marqueur biologique identifiable. Cela peut se comprendre si l'on n'admet pas que les polluants à faibles doses affectent les réseaux de communication du corps (neuro-endocrino-immunologie) et que l'origine des troubles peut-être multifactorielles.

Dans une approche globale, systémique de la MCS, comme pour d'autres affections chroniques aspécifiques, inclassables souvent, le diagnostic peut s'appuyer sur une série de tests de laboratoire   toxicologiques, immunologiques, génétiques 

Les voies de traitements et thérapeutiques naturels

L'origine multifactorielle du syndrome de MCS entraîne automatiquement l'individualisation et  personnalisation du traitement naturel.

Chez tous pourtant, un changement des habitudes de vie s'impose, notamment du point de vue alimentaire. Une fois les aliments responsables détectés, il faut veiller à  les éliminer totalement, tout en les remplaçant dans le régime par des équivalents bien tolérés.

Des régimes d'élimination sévère, s'ils apportent parfois une solution temporaire, ne sont pas sans danger s'ils sont maintenus pendant de longues périodes (carences en micro-éléments nutritifs essentiels). Il faut donc passer à une alimentation variée (principe de la rotation avec des cycles de 5 jours). Il est primordial d'éviter une alimentation monotone pour empêcher qu'une intolérance chasse l'autre.

La phytothérapie apporte une réponse pertinente au traitement naturel de l'hypersensibilité chimique par l'apport de produits naturels efficaces ; l'objectifs de ces remèdes naturels est d'avoir une triple action :  

  • L'intestin

Troisième cerveau de l'organisme (SNE : système nerveux entérique) joue souvent un rôle primordial : La correction des problèmes d'hyperperméabilité et de dysbiose est indispensable. Des ingrédients naturels choisis (L glutamine, L. méthionine, L.taurine, calcium aac, magnésium aac, zinc, GSH, acide alpha lipoïc) permettent une correction des troubles accompagnant les problèmes de malabsorption, d'hyperperméabilité et de dysmicrobisme intestinaux

  • Action détoxifiante vis-à-vis des métaux

On utilisera des substances naturelles spécifiques (GSH (Glutathion reduit), Lipoic (Thioctic) acid, SOD (50U/g), Sélénométhionine (Se 40%), Vitamine E (DL-alpha Tocopherol), Pycnogénol (OPC pépin raisin), Vitamine B2 Riboflavine), Mycelium shitake (nébulisat), extrait de saule) afin de permettre une élimination de tous les métaux toxiques sans déminéralisation

  • Le renforcement des défenses immunitaires

Des remèdes naturels (Curcuma (curcumine 95%), Prêle poudre (Equisetum Arvense), Gotu kola extrait (centella asiatica), Echinacea angustifolia extrait, Vitamine E, griffe de chat extrait (Uncaria tomentosa), Lycopène, Poivre noir extrait à 94% (piper nigrum)) complèteront cette triple action par le renforcement des défenses naturelles de l'organisme 


Nos conseils et expérience en phytothérapie

produits naturels à prendre Préambule : Le choix des produits décrits ou des substances qui les composent est le fait de notre expérience et celle de nos confrères auteurs de leurs publications quant à leurs propriétés reconnues en phytothérapie en vue d'une aide réelle à la résolution de cette pathologie ; ces conseils sont délivrés à titre d'exemple, de façon non exhaustive et ne doivent pas priver l'internaute de procéder aux recherches qui lui semblent nécessaires. Par ailleurs, nos conseils ne remplacent ni ne doivent vous priver d'une consultation ou de nous contacter pour toute information complémentaire utile conformément aux conditions générales d'utilisation de notre site .

En première intention à titre d'exemple, le(s) produit(s)...

D'autres exemples de substances ou produits intéressant(e)s à connaître ici, comme...

A lire aussi...

Bibliographie

Nicolas Ashford, Claudia Miller « Chemical exposures : Low doses and high stakes » Ed John Wiley and Sons 1998.

Le professeur Ashford est Docteur en droit et économie, Claudia Miller, Docteur en chimie.

WHO Policy options for the establishment and development of environmental health services in Europe Copenhagen 1994

Stanley M.Caress, Anne C.Steinemann , State University of West Georgia, Carrolton USA « A review of a two-phases population study of multiple chemical sensitivities » Environnemental Health Perpectives Vol 111 number 12 september 2003

Kreutzer et al. 1999. La plus vaste étude épidémiologique sur MCS menée par le California Department of Health Services (CDHS)

American Academy of Allergy Asthma and Immunology 1997

Rapport sur l'état de l'environnement wallon 2004. Ministère de la Région Wallonne Direction générale des Ressources naturelles et

de l'Environnement

Mohammed Abou Damia et al. « Researh shows dangers of chemicals mixes » The Journal of Pesticide Action Network UK

Pesticides News March 2000

Jacque C.Thurin Medecine Sciences Vol.18, Nov. 2002 Stress, immunité et physiologie du système nerveux

R.Rogiers Université de Gand Psychiatrie et psychologie Patient Care Mars 2005 Vol. 28 N° 3

DSM-IV Cas cliniques Allen Frances et Ruth Ross Ed. Masson


Petit manuel de médecine environnementale pour la pratique quotidienne K.Lohmann, JM Träder et al. Edité par Stop Poisons Santé asbl

Sélection des familles de substances impliquées

BIOCIDES : insecticides, fongicides, herbicides

Insecticides

- Organophosphorés

Capacité d'inhiber l'acétylcholinesterase avec stimulation permanente de la musculature, crampes, épuisement total et mort. Tt Atropine

Intoxication aiguë : 0,5 à 2,9 millions de cas / an dans monde  

Intoxication chronique : troubles de mémoire et concentration, confusion, irritabilité, agressivité et troubles du sommeil. Perturbation de la motricité fine, motricité ralentie, altérations des fonctions cognitives, syndrome fatigue chronique.

Carbamates

Inhibiteurs de la cholinestérase, effet plus rapide mais moins long que pour organophosphorés. L'intoxication chronique peut entraîner perte de poids, faiblesse musculaire, atteinte des reins.

Pyréthrinoïdes (Ex. perméthrine)

Utilisés maintenant à la place des organophosphorés, carbamates et organochlorés.

Leur cible est principalement le SNC où ils provoquent une surexcitation des neurones suivie d'un blocage de la transmission nerveuse.

Symptômes: irritation de la peau et des muqueuses, symptômes gastro-intestinaux, respiratoires, cardiaques. Signes neurologiques de dysesthésie périorale, des extrémités, démarche hésitante, diminution de concentration et mémoire à court terme. On retrouve des tremblements du corps entiers, une salivation accrue.

Attention: si après une pulvérisation (500 à 1000 mg/m3), à l'air libre la concentration diminue rapidement (0,1 mg/m3 après 1 mois), par contre à l'intérieur on peut encore retrouver des concentrations importantes des mois, voire des années, dans les poussières (100 mg/kg), même si dans l'air intérieur la concentration est faible (10 ng/m3).

Protection du bois : organochlorés (Ex DDT, Lindane, Endrine, Toxaphène)

hexachlorocyclohexane (Lindane®)

Tremblements, maladresse, titubement, vertiges, chutes. Augmentation de l'excitabilité cérébrale, secousses et crampes musculaires.

pentachlorophénol (PCP) surtout utilisé comme fongicide

En intoxication chronique, fatigue, céphalées, difficultés de concentration, manque d'entrain, d'appétit, irritation des muqueuses, diarrhée, amaigrissement, douleurs musculaires, osseuses, troubles du sommeil, acné, hyperpigmentation du visage, faiblesse immunitaire, infections à répétition, modification de la formule sanguine.

dichlofluanide, furmécyclox

Produits de substitution au PCP et Lindane. Très peu d'études de toxicité, la contamination se fait essentiellement par inhalation. La dichlofluanide serait fortement neurotoxique et sans conclusions définitives sur sa tératogénécité et mutagénécité éventuelles.

SOLVANTS (Ex. Tétrachloréthylène)

Toxicité connue depuis des années, bien que les effets d'une exposition prolongée à de plus faibles doses soient de reconnaissance plus récente.

Chez pratiquement tous les patients, troubles de concentration et mémoire, troubles émotionnels, dépression pouvant aller à des idées suicidaires. Manque d'entrain, perte d'intérêt et retrait de la vie sociale, troubles du sommeil, hyperhydrose.

Neurologique: céphalées, paresthésie, vertiges, démarche incertaine

Troubles gastrointestinaux, modificatins cutanées, douleurs musculaires, articulaires, parties molles, intolérance à l'alcool, perte d'acuité auditive.

Biologie clinique: perturbations glycémie, des tests hépatiques, des triglycérides.

Imagerie RMN : atrophie cortex cérébral

Selon la littérature scientifique, les sources potentielles sont

  • alpha pinène Désodorisant, parfum d'intérieur, produit d‘entretien
  • 1,4 dichlorobenzène Anti-mite, désodorisant, taupicide
  • 111-trichloroéthane Formulations de colle
  • 124-triméthylbenzène Solvant pétrolier, carburants, goudrons, vernis
  • 1-methoxy-2-propanol Laques, peintures, vernis, savons, cosmétiques
  • 2-butoxyéthanol Peintures, vernis, fongicides, herbicides, traitement du bois, calfatage siliconé
  • 2-ethoxyéthanol Peintures, laques, vernis
  • 2-éthoxyéthyl acétate Sources non connues
  • 2-éthyl-1-hexanol Solvants aqueux
  • Benzène Carburants, fumée de cigarette, produits de bricolage, d'ameublement, de construction et de décoration
  • Butyl acétate Parquet, solvants
  • Cyclohexane Peintures, vernis, colles
  • Décane White-spirit, colles pour sol, cires, vernis à bois, sol, moquettes, tapis
  • Ethyl benzène carburant, cires
  • Isopropyl acétate Sources non connues
  • Limonène Désodorisant, parfum d'intérieur, cires, nettoyants sol
  • xylène Peintures, vernis, colles, insecticides
  • styrène Matières plastiques, matériaux isolants, carburant, fumée de cigarette
  • tétrachloroéthylène Nettoyage à sec, moquettes, tapis
  • toluène Peintures, vernis, colles, encres, moquettes, tapis, calfatage siliconé , vapeurs d'essence
  • Trichloroéthylène Peintures, vernis, colles, dégraissant métaux
  • undécane White-spirit, colles pour sol, cires, vernis à bois, nettoyants sol

POLYCHLOROBIPHENYLES

Famille de plusieurs dizaines de composés, utilisés à grande échelle pour leur résistance à la chaleur. Très stables chimiquement, la durée de vie est de 20 à 50 ans. Leur combustion à 550-650° en présence d'oxygène dégage des dioxines (PCDD) et des furanes (PCDF)

Intoxication aiguë : larmoiement, gonflement des paupières, chroracné, pigmentation de la peau, oedèmes des membres, troubles du sommeil et fatigue. Plus tard apparaissent une hyperpigmentation de la peau, des muqueuses, des ongles, du prurit, des troubles visuels et auditifs, faiblesse, céphalées, nausées, diarrhées, ictère.

Neurologique: neuropathie sensitive avec surdité, douleurs, hypoesthésie et aréflexie. Vitesse de conduction nerveuse sensitive toujours touchée, la conduction motrice rarement atteinte.

Cas exemplatif de contamination: la maladie de Yusho (Japon) provoquée par contamination aiguë par de l'huile de riz chargée de PCB. Symptômes encore présents 11 ans après exposition et syndrome PCB-foetal observé pour 34 naissances sur 151.

RETARDATEURS DE FLAMME (Substances ignifuges)

La recherche et la détection de ces substances (TBEP, TBP, TCEP, TCPP, TEHP, TPP, TdCPP) ont été développées récemment. On retrouve des concentrations impressionnantes de ces substances dans les matelas, oreillers, mousses et même produits de nettoyage. La législation tend à les imposer dans les matelas d'hopitaux ou de crêches. Elles présentent pourtant du fait de leur neurotoxicité un danger non négligeable surtout pour les plus jeunes en maturation de leur SNC. La plupart des fournisseurs de literies ne connaissent pas l'existence de ces substances dans leurs produits, seulement utiles en cas d'incendie de stocks importants. L'étiquetage et l'information sont inexistants et pourtant la seule mesure valable en cas de problème est le remplacement par une literie absolument « safe »